|
Traitement anticorrosion de l'intérieur : tout badigeonné à l'acide phosphorique.
Ensuite, brossage et rinçage à l'eau. Ce fut une rude besogne. Autant cette opération
est une formalité à l'extérieure, qu'à l'intérieur elle est une punition. La raison :
l'acide génère des vapeurs suffocantes quand il ronge la rouille. Ce qui impose le port
d'un masque à cartouches filtrantes. Sans compter les lunettes de protection qui sont de
toutes façon indispensables. Oui mais : on se retrouve dans une atmosphère saturée d'humidité
et par là même, les lunettes s'embuent en permanence... Ce genre d'opération nécessite une
bonne température ambiante car l'acide est d'autant plus actif que le support est chaud. Ce ne
serait pas possible de faire un traitement à l'acide l'hiver pour cette raison. La procédure normale de la désoxydation intérieure des coques aciers est un traitement mécanique des surfaces rouillées à la brosse, voire sablage. J'ai choisi une autre voie, celle de l'acide phosphorique. La construction de ma coque a été faite en acier doux ordinaire, dit acier noir. Ce qui veut dire que l'acier est recouvert d'une couche de calamine qui est extrêmement dure, beaucoup plus dure que l'acier lui même. Cette calamine est de couleur argent au début, puis à la longue (avec l'humidité) devient noire. Or, l'intérieur de ma coque n'était que partiellement rouillée; et il n'y a que la rouille qui puisse faire sauter cette couche de calamine, pas le brossage ni le sablage. J'ai fait le choix d'attaquer la rouille là où elle existait et de peindre ensuite directement sur des surfaces en parties calaminées (environ 70% du total) et rouillées. Il faut savoir, que contrairement à l'extérieur où l'acide sèche immédiatement, l'acidification puis le rinçage de l'intérieur en atmosphère saturée d'humidité fait rouiller à nouveau ! Mais il s'agit d'une fleur de rouille et je mets par la suite une peinture époxy mastique à forte tolérance de surface. Pour résumer : l'opération acide a rendu l'intérieur plus rouillé qu'avant le traitement. Mais les endroits rouillés en profondeur ont disparus. Et cette fleur de rouille qui a fini par couvrir la majorité des surfaces a pour vertu de faciliter l'accroche de la peinture qui est très visqueuse. Donc, dans le cas de la peinture employée, cette rouille généralisé de l'intérieur est une excellente chose. Mais il me faut avouer que c'est absolument désastreux pour le moral de voir ses aménagements rouillés ! Et l'intérieur devient plus sombre, par contraste avec les surfaces qui était de couleur argentées là où ce n'était pas rouillé. Et si c'était à refaire ? Je choisirais quand même l'option "acide" à celle du brossage mécanique qui me paraît plus éprouvante physiquement. Et de toute façon, il est nécessaire d'avoir des surfaces propres et dégraissées avant peinture. Et tenir compte aussi qu'une peinture tiendra mieux et sera d'une application plus aisée sur une surface rugueuse, fusse-t-elle rouillée. La photo montre l'avant de la coque, l'acide venant d'être appliqué. Il y a la présence d'une pellicule de couleur blanche qui est une sorte de talc issue de l'action de l'acide phosphorique qui contient du gypse. Cette pellicule doit être éliminée à l'eau et à la brosse nylon. En fait, il en reste toujours un peu, même après un brossage énergique et un rinçage abondant. Ces sels résiduels sont parfois considérés comme néfastes dans le cas d'une surface qui serait immergée en permanence et dont le film de peinture pourrait être ponctuellement rompu. Pour les oeuvres mortes, c'est sans conséquence si la peinture que l'on applique dessus le permet. Donc, se renseigner avant auprès du fabricant. (agrandir l'image à 800x600 px) |